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La souffrance est un test !

La souffrance est un test !

Victor Hugo, Hermann Hesse, Viktor E. Frankl : beaucoup de choses séparent ces trois hommes, une les rapproche. Voyons laquelle.

Victor Hugo

Victor Hugo (1802-1885) n'est pas seulement l'auteur des Misérables, qui inspira la comédie musicale du même nom, et de Notre-Dame de Paris, dont fut tiré un dessin animé ; ce romancier fut également un poète, un dramaturge et une personnalité politique qui eut une grande influence son siècle.

Victor Hugo a connu des luttes politiques orageuses et l'exil. Mais ces épreuves furent bien moins dures que la mort de Léopoldine, sa fille bien-aimée, alors qu'elle n'avait que dix-neuf ans. Le 4 septembre 1843, Léopoldine et son jeune mari se noyèrent accidentellement dans la Seine. Ils étaient mariés depuis sept mois à peine et s'aimaient passionnément depuis six ans. Victor Hugo ne s'est jamais complètement remis de cette tragédie.

Cette mini-biographie était nécessaire pour que vous accordiez toute l'attention qu'elle mérite à la citation suivante. En faisant référence au temps qui passe, aux épreuves qu'il apporte, et à la manière dont nous y réagissons, Victor Hugo a dit :

« Les bons mûrissent, les mauvais pourrissent. »

Que signifie cette maxime, si profonde et éloquente dans sa concision ? Que la vie en général, et la souffrance en particulier, est un test que les bons gagnent en devenant meilleurs et que les méchants perdent en devenant pires. Mais aussi que dans l'adversité, chacun montre sa vraie nature, qu'elle soit bonne ou mauvaise. L'Homme n'est pas ravalé, mais révélé par les circonstances, qui se contentent de mettre en lumière qui il est vraiment.

Hermann Hesse

Et maintenant, parlons un peu d'Hermann Hesse (1877-1962). Ce romancier, poète, peintre et penseur germanique a obtenu divers prix littéraires, dont le prix Nobel de littérature en 1946.

Hermann Hesse n'a pas eu une enfance facile ; de violents conflits l'opposaient à ses parents. À l'âge de quinze ans, il fit une tentative de suicide. Sa vie d'adulte ne fut pas beaucoup plus rose que ses premières années. Névralgie, problèmes conjugaux, mort de son père, grave maladie de son fils, psychose de sa femme, attaques de la presse allemande... Hermann a été sévèrement éprouvé au moral comme au physique.

Sachant tout cela, à votre avis que pensait-il de la souffrance ? La définissait-il comme un scandale, une aberration, un non-sens ?

Pas du tout.

D'après Hermann Hesse,

« La douleur, les déceptions et les idées noires n'ont pas pour but de nous aigrir, mais de nous mûrir et de nous purifier. »

La vie est un test. Nous devons le passer ; nous pouvons le gagner. Ceux qui tournent au vinaigre sous la pression le ratent, ceux qui comme vous et moi s'amendent et se bonifient le réussissent.

Viktor Emil Frankl

Au tour de Viktor Emil Frankl (1905-1997). Professeur autrichien de neurologie et de psychiatrie, Viktor Emil Frankl est le fondateur de la logothérapie. Ses livres ont été traduits en trente-huit langues.

De 1933 à 1936, Frankl dirigea le pavillon réservé aux femmes suicidaires de l’hôpital psychiatrique de Vienne. Quand les nazis prirent le pouvoir en Autriche, il fut l'un des rares psychiatres – ou peut-être le seul, il faudrait vérifier – à refuser d'euthanasier ses patients, en clair à refuser de les assassiner.

Cette information permet de situer le personnage : à cette époque, Frankl était déjà bien plus courageux et humain que la plupart de ses collègues.

En 1942, Frankl est déporté avec sa famille dans un camp de concentration. Il passe à Theresienstadt et Dachau. En 1944, il est envoyé à Auschwitz, où il reste jusqu'à 1945. Ses parents n'ont pas survécu à l'horreur des camps. Sa femme aussi y est morte. Frankl a vécu le pire deux fois : parce qu'il y a été confronté personnellement, et parce que les êtres qu'il aimait ont été broyés par l'impitoyable machine nazie.

Après avoir enduré tant d'horreurs, comment Victor Frankl parle-t-il de la souffrance ? Comme de la cause inéluctable d'une déchéance morale aussi bien que physique ? Comme de l’annihilation de tout ce qui fait de nous des Hommes ?

Pas du tout.

Viktor Frankl pense que chacun est responsable de sa vie, quelles que soient les conditions dans lesquelles il vit. D'après lui,

« Toute personne, même dans des circonstances particulièrement pénibles, peut choisir ce qu'elle deviendra moralement et spirituellement. »

Les circonstances ne peuvent pas nous changer en ce que nous refusons d'être. Ce sont nos actions et nos réactions, autrement dit nos décisions, qui nous définissent. Pas le monde extérieur. Comme Victor Hugo et Hermann Hesse, Viktor Frankl croit donc que face à la souffrance nous restons libres. Libres de mûrir ou de pourrir, de nous aigrir ou de nous purifier, de descendre ou de monter.

La difficulté du test ne préjuge pas de son issue : nous pouvons le perdre, nous pouvons le gagner.

Souffrance et liberté

Au fond, la souffrance ne prend aucune décision à notre place ; elle n'impose rien. C'est un point très important qu'on perd souvent de vue lorsqu'on souffre. On s'imagine alors que nos émotions ne nous laissent pas le choix, qu'elles nous forcent à nous comporter de telle ou telle manière... Il y a une petite part de vérité là-dedans. Dans certains états émotionnels, certaines actions deviennent impossibles. Philémon peut être trop déprimé pour se lancer dans un marathon, Joséphine trop angoissée pour parler avec assurance, Berthe trop négative pour ranger la paperasse qui encombre son bureau. Mais même au fond du gouffre, on a toujours des choix à faire.

À faire entre quoi et quoi ?

Entre ceci (la route qui descend) et cela (la route qui monte).

Ce n'est pas parce qu'on souffre physiquement ou moralement qu'on doit succomber aux sirènes anthropophages du désespoir et de l'apitoiement sur soi, ou chercher un bouc émissaire. Ce n'est pas parce qu'on est tenté de le faire qu'on est obligé de le faire.

On peut souffrir intensément sans faire n'importe quoi, ni se laisser couler dans l'inertie ou la bouderie. Ce qu'on appelle « la dépression » n'a pas de pouvoir sur nos actes. La souffrance ne fait que proposer ; en fin de compte c'est nous qui disposons.

Le bon sens d'une mère

À ce propos, une petite histoire pleine de sagesse circule sur Internet.

Une jeune femme se rend chez sa mère et s'effondre : « J'en ai marre. Vraiment marre. J'ai l'impression d'être prisonnière d'une vie que je n'ai pas choisie. Je suis fatiguée de me battre. Fatiguée de faire tant d'efforts qui ne servent à rien, ou presque. J'ai envie de tout laisser tomber. Envie de partir. Envie de mourir. »

Sans répondre, sa mère l'entraîne dans la cuisine, remplit trois casseroles d'eau et les place sur la cuisinière. La jeune femme, perplexe, lui demande de s'expliquer ; sa mère lui demande de patienter.

L'eau se met à bouillir. Dans la première casserole, la mère place des carottes ; dans le deuxième, elle met des œufs ; dans le troisième, du café moulu. La jeune femme est de plus en plus perplexe, mais sa mère ne dit mot. Au bout de vingt minutes, elle sort les carottes qu'elle met dans un bol, les œufs qu'elle met dans un autre bol, et verse le café dans une tasse. Puis, se tournant vers sa fille, elle lui dit enfin :

« Regarde bien. Que vois-tu ? »

« Ce que je vois ? Je vois des carottes, des œufs et du café », répond ingénument la jeune femme, intriguée. Sa mère l'amène plus près et lui demande de toucher les carottes. Elles sont devenues molles, et des petites larmes de vapeur perlent sur leur chair moite et fragile. Elle lui demande ensuite de prendre un œuf et de le briser. La jeune femme enlève la coquille et constate que l’œuf a durci. Finalement, sa mère lui demande de goûter au café, dont le délicieux arôme s'est répandu dans toute la cuisine.

Réconfortée par le café chaud, le calme de sa mère et l'atmosphère paisible, la jeune femme se sent déjà un peu mieux.

« Excellent café, dit-elle. Mais où veux-tu en venir ? »

« Chaque aliment a fait face à la même eau bouillante, mais chacun y a réagi différemment, lui répond la mère. La carotte était dure et solide ; après être passée dans l'eau bouillante, elle s'est ramollie. L’œuf était fragile ; après être passé dans l'eau bouillante, son intérieur est devenu dur. Quant au café, il a réagi d'une manière unique : plongé dans l'eau bouillante, il y a diffusé son parfum et sa saveur. »

Après un silence, la mère demande doucement à sa fille : « Auquel des trois ressembles-tu ? Lorsque l'adversité frappe à ta porte, comment réagis-tu ? Comme la carotte, l'œuf ou le café moulu ? »

Décision

Et vous, face aux problèmes, comment réagissez-vous d'habitude ?

Par l'impatience, la colère, le désespoir, l'alcool, les cachets, ou par la patience, l'espoir, le courage, l'humilité, l'amour, l’humour ? Est-ce que vous vous affaissez comme une carotte trop cuite ou vous sclérosez comme un œuf dur, ou est-ce que vous vous élevez au-dessus des circonstances en apportant un précieux réconfort à ceux qui vous entourent, à l'image du meilleur arabica ? Mais au fond, peu importe ce qui est derrière vous, car la page est tournée… Ce qui compte, c'est cette nouvelle vie qui commence aujourd'hui. À partir de maintenant, que voulez-vous que la brûlure de la souffrance fasse de vous ? Consentez-vous à ce qu'elle vous avilisse, ou voulez-vous qu'elle vous purifie et vous ennoblisse ?

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