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Prosélytisme : l’intelligence n’est pas un luxe !

Prosélytisme : l’intelligence n’est pas un luxe !

L’Islam est-il une religion universelle ?

C’est ce que disent à bon droit tous les musulmans, cependant leur attitude et plus précisément leurs choix linguistiques contredisent souvent l’universalité qu’ils proclament. Dire que l’Islam est une religion universelle, c’est dire que le coeur de son message est traduisible dans n’importe quelle langue et que ses principes sont applicables à n’importe quelle civilisation, c’est dire aussi que l’Arabe (langue et culture) est son berceau, pas sa racine.

Développons cette métaphore : un bébé peut changer de berceau, et il en sort lorsqu’il grandit, car il ne lui est pas indissolublement lié, tandis qu’une plante coupée de sa racine meurt. Dire que l’Islam est universel équivaut à dire que l’Arabe est sa forme originelle, son premier emballage, et non sa réalité, sa substance ou son fond : son berceau, pas sa racine.

Quand des musulmans cherchent à convaincre leurs coreligionnaires d’utiliser systématiquement le mot “Allah” en lieu et place du mot “Dieu”, quel message font-ils involontairement passer aux non-musulmans ?

Celui-ci : “L’islam n’est PAS une religion monothéiste et universelle. L’Islam est une secte dont les adorateurs, tous arabes, vénèrent une divinité tribale du nom de Allah. Cette divinité n’est pas Dieu et ne peut pas l’être, puisqu’elle ne porte pas le nom de Dieu.” Clamer d’un côté que l’Islam est une religion universelle et de l’autre que c’est Allah que les musulmans adorent, c’est se contredire soi-même, c’est tenir un double discours incohérent que les non-musulmans ne peuvent ni réconcilier, ni décrypter. Soit l’Islam est une religion monothéiste et universelle, et dans ce cas Allah est Dieu, Dieu est Allah, soit l’Islam est une secte faite par et pour les Arabes, et dans ce cas Allah est Allah, tandis que Dieu est Dieu.

Ces considérations nous amènent à envisager sous un nouveau jour la célèbre “barrière de la langue”. Généralement, cette barrière symbolise l'incapacité de personnes de langue maternelle différente à communiquer entre elles, mais en ce qui concerne les musulmans de France, la barrière se situe à un niveau légèrement différent. Leur incapacité à communiquer correctement le message de l’Islam est due à une méconnaissance du français, certes, mais aussi et surtout à une incapacité à prendre au sérieux les mots et les concepts de l’Autre, autrement dit, la réalité de son monde intérieur. Une incapacité à s’y adapter.

Quand un musulman s’adresse à un non-musulman, il oublie bien souvent que la langue est un moyen de communication, et que pour être compris par quelqu’un, il faut s’exprimer dans son langage à lui, sous peine d’échouer lamentablement à faire passer son message.

Pour un non-musulman francophone, Dieu est Dieu, ce n’est pas Allah. En effet, toute sa vie ce non-musulman a utilisé le mot Dieu pour désigner le concept correspondant. La seule manière de lui faire comprendre, sans le moindre risque d’ambiguïté ni de contre-sens, que les musulmans adorent Dieu, c’est donc de lui dire qu’ils adorent Dieu. Il n’y a aucun moyen d’être aussi clair.

Comme l’a fort bien dit le philosophe Montaigne : “la parole est moitié à celui qui parle, et moitié à celui qui écoute”. Quand des musulmans rejettent certains mots de français, et inversement saupoudrent abondamment leurs discours de certains mots translittérés de l’Arabe (Allah, shirk, zakat, hadj…) sous prétexte qu’aucune traduction valable de ces termes n’existe en français, ils font comme si la parole leur appartenait en entier.

Ces musulmans ne parlent pas d’une manière qui soit audible par les non-musulmans et ne peuvent donc être compris que par leurs pairs, de la même manière que les scientologues ont leur jargon à eux, totalement incompréhensible aux non-scientologues.

Dans un tel contexte, l’universalité de l’Islam fait figure de cliché creux, de platitude abstraite, de lieu commun déconnecté de la réalité.

Qu’a d’universel un livre intraduisible ?

Qu’a d’universel un discours qui n’est intelligible que par ceux qui sont déjà acquis à sa cause ? Qu’a d’universel un Dieu qui a pour seul vrai nom un mot d’Arabe (et qui donc appartiendrait à un certain terroir) ?

Si l’esperanto se veut langue universelle, moyen de communication transcendant la barrière des langues nationales, alors l’arabais est la langue locale par exellence : un dialecte hybride exclusivement réservé au petit groupe des musulmans francophones familiarisés avec l’Arabe.

Le prophète Muhammad (que la paix soit sur lui) a prêché l’Islam aux polythéistes dans leur langue à eux : ils étaient arabes, il leur parlait en arabe. Pour suivre son exemple, les musulmans de France devraient expliquer l’Islam dans la langue des personnes auxquelles ils s’adressent. C’est ce que bien souvent ils ne font pas : au lieu de présenter l’islam en français, ils le leur présentent en arabais. En s’exprimant en arabais (syntaxe française, vocabulaire mêlant le français et l’arabe translittéré), les musulmans de France abandonnent à d’autre le prosélytisme intelligent qui leur incombe : ils font le choix du repliement sur soi et de la non-communication avec les autres.

On peut et on doit se demander pourquoi lesdits musulmans tombent dans cette erreur grossière : pourquoi se soucient-ils si peu d’être compris par les non-musulmans ? Pourquoi font-ils fi de la communication ? Qu’est-ce qui, exactement, les pousse au charabia et à l’autisme, alors que Dieu les a chargés de présenter le message de l’Islam à tous ceux qui ne le connaissent pas encore ?

Il y a deux réponses complémentaires à cette question.

Primo, les musulmans de France survivent dans un contexte hostile (la France est l’un des pays les plus islamophobes du monde) et ressentent donc le besoin de resserrer les liens qui les unissent par un jargon commun, une langue qui leur est propre. Dire Salam alykoum, Allah, Bismillah, etc., plutôt que l’équivalent français de toutes ces formules, c’est revendiquer une identité, c’est clamer symboliquement et inefficacement son appartenance à la communauté musulmane, à cette oumma évanescente que tous les musulmans appellent de leur voeu, sans faire quoi que ce soit pour qu’elle advienne.

De la même manière que les philosophes s’expriment dans un langage philosophique qui les identifie en tant que tels et les différencie des non-philosophes, de la même manière que les scientologues déjà cités s’expriment dans un charabia qui les identifie en tant que tels et les différencie des non-scientologues, les musulmans de France s’identifient et se distinguent par l’arabais. Par ce biais, ils affirment leur identité et resserrent les liens qui les unissent. Le prosélytisme auprès des non-musulmans, ainsi que la clarté et la précision de la langue, sont sacrifiées sans scrupule au besoin primitif et viscéral de clamer son appartenance.

Secundo, les musulmans de France ont tendance à confondre l’apparence et la réalité, le mot et la chose. Ils se soucient énormément de l’image de l’Islam et fort peu de la réalité de l’Islam. Cette superficialité, qui s’explique sans doute par de la paresse intellectuelle, a pour conséquence un souci maladroit, obsessionnel et contreproductif du “mot juste”. Un peu comme si l’essentiel était dire “les choses telles qu’elles sont” plutôt que de se faire comprendre : on parle pour Dieu, que l’on suppose incapable de comprendre une autre langue que l’Arabe, beaucoup plus que pour son interlocuteur en chair et en os. On part du principe qu’il y a une seule manière correcte de dire les choses, manière de dire qui ne varie PAS en fonction de son interlocuteur. On fait zéro effort d’adaptation à la personne à qui on parle, on oublie que que le meilleur discours est celui qui est le mieux compris, et que s’il est compris c’est par quelqu’un. On considère que “Dieu” est un mot “ambigü”, sans se demander : ambigü pour qui ? Pour un francophone, Dieu est clair, tandis qu’Allah est pire qu’ambigü.

Pourtant, le jour du Jugement, ceux qui auront fait le choix de la clarté en présentant l’Islam dans la langue de leur interlocuteur auront certainement plus de mérite devant Dieu que ceux qui l’auront “présenté” dans un langage incompréhensible à ceux qui les écoutent. Le prosélytisme en arabais, ce n’est pas la dawa pour les nuls, c’est la dawa PAR les nuls. L’intelligence n’est pas un luxe.

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